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Le chagrin de Bernardin / The grief of Bernardin

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 Image Pixabay

 

LE CHAGRIN DE BERNARDIN 

 

   Bernardin était un chêne centenaire. Son énorme tronc, ainsi que ses larges branchages feuillus en imposaient à toute la forêt. Il était unanimement reconnu, autant pour sa magnificence et l'impression  de force qu'il dégageait, que par le grand intérêt qu'il représentait pour toute la faune et la flore qui l'entouraient. Car tout en lui était utile à quelque chose ou à quelqu'un. Mille variétés d'oiseaux visitaient quotidiennement ses branches. Certains spécimen choisissaient même parfois d'y élire domicile. Leurs chants mélodieux à l'appel du printemps prêtaient une voix à son feuillage frémissant de bonheur.

 

   Les vifs écureuils au pelage cuivré, qui semblaient voler de branche en branche, allumaient de temps à autre ses ramures. Il se prenait alors pour le soleil mais sans jamais en retirer le moindre orgueil. Il jouissait simplement du plaisir de participer à la beauté du monde naturel. En remerciement de ce cadeau du ciel, il offrait à ses hôtes la saveur incomparable de ses fruits.

  

   Son tronc creux offrait un asile à tous les rongeurs qui le désiraient. C'était un bonheur pour lui de réchauffer en son sein les petits animaux surpris par le froid de l'hiver. C'était pour lui un devoir et un plaisir de les protéger des rafales du vent glacial ou de la morsure des grêlons.  Il se sentait utile et cela lui donnait plus de force encore car alors il avait une bonne raison de vouloir être plus fort.

 

   Même les humains, quand ils croisaient sa route, se réjouissaient de son existence. Ils vantaient sa beauté, s'émerveillaient de l'impression de sérénité qu'il faisait naître en chacun. Bernardin était heureux et fier de sentir sur son écorce la douceur de leur main timide. Il sentait alors qu'il était relié à eux, comme eux-même se sentaient unis à lui. C'était à chaque fois un moment unique, magique.

 

   Et puis, un jour, arrivèrent des promoteurs immobiliers. Ils jetèrent un regard méprisant sur Bernardin, évaluèrent le coût des travaux qu'allait représenter son abattage et les conflits que ce projet génèrerait probablement avec les écologistes indignés. Puis, sans un regard pour son feuillage, ni pour son tronc, ni pour aucune de ses parties, ils repartirent, des projets industriels plein la tête.

 

   Alors, pour la première fois depuis des décennies, la forêt tout entière vit les feuilles de l'antique et vénérable chêne se ternir et tomber lentement vers la mousse, comme des larmes sur la joue d'un enfant.

 

 

Martine Vivien

 

 

 

 

THE GRIEF OF BERNARDIN 

 

   Bernardin was an oak tree . Its huge trunk, and its broad leafy branches imposed in the entire forest . It was unanimously recognized as much for its magnificence and printing  force it exhaled , by the great interest it represented for all the fauna and flora that surrounded him. For while it was useful for something or someone . Thousand varieties of birds visited daily its branches. Some specimens even sometimes chose to live there . Their melodious songs to the call of spring lent his voice quivering foliage of happiness .

 

   The bright copper peel squirrels , which seemed to fly from branch to branch , lit from time to time its branches . He then took to the sun but never remove any pride . He enjoyed the simple pleasure of participating in the beauty of the natural world . In appreciation of this gift from heaven , he offered his guests the unique flavor of its fruit .

  

   Its hollow trunk offered a refuge to all who wished rodents . It was great for him to warm up in its midst pets surprised by the cold of winter. Here was a duty and a pleasure to protect them from frigid gusts of wind or hail bite .  It felt good and it gave him even greater strength because then he had a good reason for wanting to be stronger.

 

   Even humans , when they crossed his path, rejoiced in his life . They praised her beauty , marveled at the feeling of serenity that he was born in everyone. Bernardin was happy and proud to feel the bark on the sweetness of their hand shy . He felt then that it was connected to them , as they felt themselves united with him . It was always a unique , magical.

 

   And then one day , came from the developers. They cast a scornful look on Bernardin , estimated the cost of the work was going to represent his slaughter and conflicts that this project would generate probably outraged environmentalists . Then, without looking for its foliage , nor for its trunk , nor any of its parts , they replied industrial projects full head .

 

   So for the first time in decades , saw the entire forest leaves of the ancient and venerable oak fade and fall slowly to the foam, like tears on the cheek of a child.

 

 

Martine 

 

 



18/06/2015
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